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Conférence de la vie
associative, le 23 janvier 2006
Monsieur le Président du
Conseil économique et social,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Mesdames et Messieurs les élus,
Madame la présidente du Conseil national de la vie
associative,
Monsieur le président de la Conférence permanente des
coordinations associatives,
Mesdames et Messieurs les présidents,
Mesdames et Messieurs,
Je suis très heureux d’ouvrir aujourd’hui la Conférence
de la vie associative, qui vient conclure un an de
travail entre les représentants associatifs, leurs
partenaires et les administrations.
Cette conférence, organisée pour la première fois,
s’inscrit dans la continuité de l’action engagée depuis
2002 par le Gouvernement pour reconnaître et promouvoir
la vie associative.
La création du ministère de la vie associative, dont
j’ai la charge depuis près de deux ans, manifeste
clairement notre volonté d’inscrire le monde associatif
comme un acteur essentiel de notre société.
Il existe en France plus d’un million d’associations
actives. L’année dernière, nos concitoyens en ont créé
plus de 69 000, près de 190 par jour.
Cette vitalité associative repose sur 13 millions de
bénévoles, qui de façon désintéressée, consacrent chaque
jour du temps, de l’énergie et quelquefois même de
l’argent, pour animer les associations.
Je citerai également les salariés des associations, qui
sont un million six cent mille, soit 8% de l’emploi en
France. Par leur professionnalisme, ils participent au
développement associatif.
Les associations constituent aujourd’hui un corps
intermédiaire à part entière, essentiel à l’exercice de
la démocratie et au développement des solidarités.
Partenaires des pouvoirs publics, elles contribuent à la
prise en compte de l’intérêt général par leurs fonctions
de veille, d’innovation et d’animation des territoires.
Le Gouvernement a mis en oeuvre depuis 2002 de
nombreuses actions pour favoriser le développement des
associations. Ces actions constituent, en quelque sorte,
la toile de fond sur laquelle s’inscriront les nouvelles
mesures que le Premier ministre vous annoncera en fin de
matinée. Je voudrais donc vous en rappeler les points
saillants.
En matière fiscale, la loi du 1er août 2003 sur le
mécénat a institué un ensemble de mesures incitatives en
faveur des dons des personnes privées ou des entreprises
aux associations d'intérêt général. Les mesures fiscales
encourageant les dons des particuliers ont encore été
renforcées par la loi de programmation pour la cohésion
sociale. Au total, ce sont 860 millions d’euros de
dépenses fiscales en faveur des dons aux associations
qui sont inscrites sur mon budget 2006. L’évaluation de
ces dépenses fiscales est en progression de 10% par
rapport à 2005 et de 26% par rapport à 2004. Ces
chiffres illustrent bien l’ampleur de l’effort consenti
par l’Etat.
Dans le domaine de la simplification administrative je
citerai l’instauration du chèque-emploi associatif, la
généralisation du service emploi association,
l'extension aux associations du chèque emploi universel.
D’autre part, une ordonnance a permis d’alléger les
modalités de déclaration des associations auprès des
préfectures. Elle a également permis d’harmoniser les
obligations comptables qui s'imposent aux organismes qui
ont une activité économique ou qui reçoivent des
subventions ou des dons.
Par ailleurs, la loi de programmation pour la cohésion
sociale comporte de nombreuses mesures favorables au
développement de l’emploi associatif. Il s’agit
notamment des nouveaux emplois aidés, contrats
d’accompagnement dans l’emploi et contrats d’avenir.
J’ai signé avec les associations de mon champ de
compétence ministériel de nombreuses conventions pour le
développement de l’emploi, qui ont permis à ce jour la
conclusion de 24 000 contrats aidés. Je souhaite que
cette dynamique s’amplifie encore dans les prochains
mois.
Dans cet esprit, je viens d’annoncer le lancement du «
Parcours Animation et Sport ». Le PAS permettra, dès
2006, d’offrir à 2 500 jeunes repérés dans les
associations sportives, de jeunesse et d’éducation
populaire un parcours de formation en alternance
conduisant à un diplôme professionnel du champ jeunesse
et sport. Ces jeunes bénéficieront d’un contrat aidé
dans une association et d’un tutorat par les
établissements du ministère.
Concernant le développement du bénévolat,
l’expérimentation du carnet de vie du bénévole va lui
permettre d’acter toutes ses expériences et les
compétences qu’il aura acquises par son engagement.
Nous le savons tous ici, l’engagement au service de la
collectivité est plus que jamais nécessaire à la
cohésion de notre société. Les associations sont au cœur
de cette problématique et elles ont la capacité
d’accueillir des volontaires qui s’engagent sur des
missions d’intérêt général, aux côtés des bénévoles et
des salariés.
C’est pourquoi j’ai présenté le projet de loi relatif au
volontariat associatif et à l’engagement éducatif, qui
vient d’être adopté par l’Assemblée Nationale et sera
examiné en février prochain au Sénat. Ce texte, très
attendu, inscrira enfin dans la loi la possibilité, pour
chacun de nos concitoyens, de s’engager pour un temps de
volontariat dans une association oeuvrant pour l’intérêt
général.
Le volontariat associatif sera un des piliers du service
civil volontaire annoncé par le Président de la
République. Ce service volontaire sera mis en place dans
le cadre du projet de loi pour l’égalité des chances,
adopté voici deux semaines en Conseil des Ministres.
Cette thématique nous renvoie évidemment aux événements
survenus en novembre dernier dans nos cités. Vous vous
en souvenez, le Premier ministre, dans sa déclaration du
8 novembre devant l’Assemblée nationale, avait rendu
hommage au rôle joué par les associations. Il avait
également annoncé l’inscription au budget 2006 de 100
millions d’euros supplémentaires pour les associations.
Ces crédits ont été effectivement inscrits en mesures
nouvelles par amendement du gouvernement.
C’est ainsi que le budget de mon ministère a été abondé
de 15 millions d’euros. 15 millions d’euros
supplémentaires que je consacrerai à l’offre d’activités
sportives, culturelles et de loisirs dans les banlieues.
Cette enveloppe permettra également d’amplifier la
professionnalisation des animateurs et éducateurs, ainsi
que la formation des bénévoles. Enfin, elle contribuera
à la structuration des associations nationales, mais
surtout elle renforcera le réseau des associations
actives dans les quartiers sensibles. Je m’appuierai
pour cela sur l’expertise des élus locaux et en
particulier des maires des communes intéressées. Je
tiens à ce que ce partenariat entre mon ministère et les
associations intègre l’évaluation des actions conduites.
Après une année 2005 où le débat sur les questions
européennes a été très intense, il ne faut pas oublier
cette dimension de notre vie publique. J’ai institué un
groupe permanent de suivi des questions européennes,
permettant aux associations d’être partie prenante à la
concertation sur les projets de réglementation de
l’Union Européenne.
Ce groupe travaille régulièrement, en liaison avec le
Secrétariat général aux affaires européennes. Ses
travaux permettent de nourrir les réflexions du
Gouvernement et d’enrichir les argumentaires à l’appui
de ses positions, je pense notamment au projet de
directive « services dans le marché intérieur ».
Pour faciliter leur dialogue avec les pouvoirs publics,
les associations disposent d’instances qui leur
permettent d’être représentées.
La présence du Président DERMAGNE en témoigne ici, la
représentation des associations est assurée au sein du
Conseil économique et social, comme dans les Conseils
économiques et sociaux régionaux. Cette représentation
institutionnelle me paraît essentielle, car elle traduit
bien l’importance du rôle des associations dans la vie
de notre pays, au même titre que les partenaires
sociaux.
Le Conseil national de la vie associative constitue
quant à lui, Madame la présidente ARNOULT-BRILL, le lieu
permanent de la concertation entre les associations et
l’Etat ; il a vu sa composition et son fonctionnement
rénovés par le décret du 20 novembre 2003. Il a été
installé dans sa nouvelle configuration par Jean-Pierre
RAFFARIN le 10 mars 2004.
La vie associative est aussi un sujet qui intéresse de
nombreux parlementaires, dont je suis heureux de saluer
la présence parmi nous aujourd’hui.
Cet intérêt se concrétise par des propositions pour
développer la vie associative, comme les propositions de
loi des parlementaires Dominique LE MENER et Bruno
RETAILLEAU, dont je salue la pertinence et l’intérêt.
Le député Jean-Pierre DECOOL, qui est le père du
chèque-emploi associatif, a également mené une mission
concernant l’intérêt général porté par les associations.
Le sénateur Bernard MURAT a, quant à lui, conduit une
mission d’information sur le bénévolat avec, là aussi,
des propositions dynamiques pour la vie associative.
Enfin, je salue l’excellent travail du groupe d’études
de l’Assemblée Nationale sur la Vie Associative, que
conduit sa Présidente, Madame la députée Muriel
MARLAND-MILITELLO.
Nous sommes réunis aujourd’hui pour la conférence de la
vie associative, dont j’avais annoncé le lancement il y
a un an en Conseil des ministres.
Il s’agit d’un processus de concertation et de dialogue
important pour la vitalité associative en France.
Pendant près de six mois, plus de soixante représentants
des associations et des partenaires de la vie
associative ont participé à trois groupes de travail.
Je tiens ici à les remercier de leur implication et de
leurs propositions, qui m’ont été remises le 9 juin
dernier et ont, depuis, été examinées avec attention
dans un cadre interministériel.
Je félicite tout particulièrement la Présidente et les
Présidents de groupes, ainsi que les rapporteurs,
d’avoir accepté cette tâche et de l’avoir remplie avec
beaucoup de compétence et de talent.
Le premier groupe, relatif à la place des associations
dans le dialogue civil était présidé par Monsieur Bruno
DURIEUX ; Monsieur Pierre SADRAN en était le rapporteur.
Le deuxième groupe portait sur la consolidation des
relations contractuelles entre les pouvoirs publics et
les associations. Il était présidé par Monsieur
Jean-François COLLINET, assisté de Monsieur Georges
CAPDEBOSCQ ; Monsieur Philippe BACHSCHMIDT en était le
rapporteur.
Enfin, le troisième groupe, qui se consacrait à
l’accompagnement et à la reconnaissance de l'activité
bénévole était présidé par Madame la députée Claude
GREFF et son rapporteur était Madame Chantal GANNE.
Conformément à nos engagements le Premier Ministre a
saisi le Conseil National de la Vie Associative pour
qu’il rende un avis sur ces propositions.
Cet avis a été rendu, dans des délais resserrés, en
décembre 2005 et Madame Edith ARNOULT-BRILL vous le
présentera après mon intervention.
Je voudrais également saluer Monsieur Jacques HENRARD,
nouveau Président de la Conférence Permanente des
Coordinations Associatives, qui s’est fortement investie
dans les groupes de travail.
Enfin, j’ai souhaité que l’importance de la vie
associative dans notre pays se traduise par l’existence
d’une direction d’administration centrale dédiée à cette
question.
C’est pourquoi, le 1er janvier dernier a été créée au
sein de mon ministère une direction de la vie
associative, de l’emploi et des formations.
Celle-ci est dirigée depuis le 4 janvier par Gérard
SARRACANIE, que chacun ici connaît pour le travail
remarquable qu’il a effectué à la tête de la délégation
interministérielle à l’économie sociale et qui assure
l’animation de cette matinée de travail.
Pour conclure mes propos, Mesdames et Messieurs, je vous
renouvelle mes voeux pour cette année 2006 et je
souhaite tout particulièrement qu’elle permette le
développement d’un partenariat durable entre l’Etat et
les associations, dans le prolongement de nos travaux et
sur la base des nouveaux outils qui vous seront
présentés dans quelques minutes par le Premier Ministre.
Merci de votre écoute.
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