Gérard, 64 ans, Suicide écoute

« On est plus tout à fait le même au bout de quelque temps d’écoute. »

Publié le : vendredi 26 octobre 2007 - Modifié le : dimanche 25 novembre 2007

photo jmb gerard-itw Écouter la détresse humaine, y consacrer du temps et permettre à celui ou à celle qui appelle, de dire, de se dire sa souffrance ; donner un espace de silence pour que l’autre puisse verbaliser son histoire, ce qui peut être pour certains inavouable. Blessés, cabossés de la vie sont entendus, reconnus pendant quelques instants.

Par l’écoute silencieuse, sans jugement, sans conseil, c’est permettre à l’autre d’apaiser son angoisse, l’aider par la reformulation à, peut-être, reprendre un peu goût à la vie.

Ce bénévolat est un travail d’équipe qui ne peut s’accomplir sans l’aide de professionnels de la santé : rencontre en groupe 1 fois par mois et annuellement une formation continue de 6 heures.

Les différents appels nous façonnent, nous bousculent dans nos certitudes. Ils nous remettent en question sur nos préjugés, nos jugements, nos idées préconçues. On est plus tout à fait le même au bout de quelque temps d’écoute. Plus dans le respect de l’histoire de l’autre, plus humble parce que confronté à l’impuissance dans ce monde habitué à l’efficacité, à la rentabilité.

On est là, comme disait Jacques Brel : « Avec la tendresse pour tout bagage », « pour tout langage » pourrait-on rajouter.

J’ai eu toutefois deux difficultés à surmonter : la fatigue des nuits d’écoute qui me laisse un peu « vaseuse » le lendemain et le regard de certains de mes proches sur ce type d’activités.

En résumé, le temps que je donne à cette activité bénévole me laisse beaucoup de liberté et en plus, le rapport quantité de temps donné/enrichissement personnel est excellent.

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